Blaudes et Coëffes présente son spectacle de danses, chants et musiques en costumes traditionnels normands
Extraits vidéos du spectacle de Blaudes et Coëffes lors du Festival FolkloFleury 2008.
Le spectacle est généralement présenté par tableaux thématiques :

La Normandie Traditionnelle évoque les danses de la première partie du XIXème.. Époque post-révolutionnaire
où les conditions de vie des « petites gens » ont évolué, où dans le vêtement, les modes régionales
ont connu leur apogée, où les opportunités de danser dans les « assemblées » étaient assez fréquentes.
Branles en rond et rondanses avaient la préférence de nos ancêtres. Même, Jean-Jacques Rousseau
s'intéressait aux branles et il notait que c'était : « une sorte de danse fort gaie qui se danse en
rond, sur un air court et un rondeau, c'est à dire avec un refrain à la fin de chaque couplet. »
En Basse-Normandie, presque toutes les danses se rattachent au branle. La contre-danse apparaît vers
1840-1850, inspirée par son modèle parisien.

La Normandie fête le travail ou la Moisson permet de présenter des danses particulières dans lesquelles
les danseurs miment des gestes de leur travail. Une partie de ces danses ont été notées au cours d'une
grande enquête nationale menée dans les années 1850.
Selon certains chercheurs anthropologues, les danses de ce type seraient des survivances de très anciennes
pratiques d'incantations, déjà disparues au XIXème, et dont le sens conscient n'existe plus. En fait,
ce sont des chants et des danses adressées aux divinités agrestes afin qu'elles fassent de bonnes
récoltes.
Dès que le dernier épi est monté sur la meule « le violoneux se hisse sur un tas de gerbes, prend son
crin-crin, passe l'arcanson et attaque une contre-danse, abaissant et levant la tête pour marquer la
mesure et criant les figures. Puis on donne le signe des embrassades. C'est entre les danseurs une
ardente émulation à qui sautera, s'enlèvera le plus haut et du talon marquera le plus vigoureusement
la cadence. » Dieudonné Dergny, Usage, coutumes et croyances.
C'est à la fin de la parcye ou de la ripaille que les moissonneurs se précipitent dans la danse. Ils
portent encore les vêtements du travail et leurs sabots.

Le Bal de Noce 1900 nous amène plus tard dans le siècle. Après la guerre de 1870, il se fait une
sorte d'appauvrissement du caractère régional, aussi bien du costume que des danses. Les hommes ont
rencontré d'autres hommes. l'essor du chemin de fer abolit les distances et diffuse les modes
parisiennes. Dans cette période d'entre deux guerres, celle de 1870 et celle de 1914, les vêtements
sont plus stricts, plus sévères, le noir domine et seules peut-être les bonnettes gardent un aspect
régional marqué. Les danses à la mode arrivent dans nos campagnes. Ce sont alors, polkas, scottishs,
mazurkas, quadrilles.
« Bientôt le joueur de violon faisant vibrer son archet s 'écrie : « en avant deux autres ! » ; c'est
ainsi que se font les remplacements de danseurs. Ce commerce dure jusqu'à minuit. Nos gens se plaignaient
des jambes plusieurs jours après. » Blouin. Mœurs et Coutumes de Basse-Normandie.

Les bergères, il s'agit d'une courte séquence qui présente des danses tout à fait particulières notées
par l'Intendant du Marquis de Balleroy au XVIIIème siècle, après avoir observé les réjouissances des
domestiques du château, ce sont des cotillons : danses légères exécutées par les plus jeunes vêtus
d'habits à la française, tenues de domestiques et de pastorale.
L'encyclopédie Universalis précise :
« ...danse de salon, le cotillon est né en France au XVIIIème siècle. C'était d'abord une figure de
contredanse, sorte de branle à quatre ou à huit personnes. L'appellation proviendrait d'une chanson
en vogue à l'époque : « Ma commère, quand je danse, mon cotillon va-t-il bien ? »

Les marins, voilà bien un monde particulier, avec son parler, ses coutumes, et, au début du XIXème,
des vêtements et des danses typiques.
Les plus originales de ces danses sont dites « danses à dallets », parce que, dit-on, les marins de
retour de longues traversées ou des grands bans de Terre Neuve, aimaient à assouplir leurs genoux, à
la débarque du bateau, sur les dalles des quais au cours de danses très rythmées entrecoupées de
flexions. Hommes et femmes ont revêtu les costumes typiques des bords de côtes.
Dans les salons des villes et des bourgs, les Normands les plus avertis des modes parisiennes dansent aussi. Ce sont des évolutions moins rustiques que le branle, des danses inspirées souvent des danses en usage dans les châteaux. Ce sont des cotillons, des rigaudons, des promenades etc.
Comme les divertissements, l'habillement suit la mode vestimentaire en usage à Paris et dans les grandes villes : les femmes portent des robes en tissus plus fins, indienne ou soie, dont les coupes s’inspirent des formes « empire », les hommes se vêtent de petites vestes courtes, avec ou sans queue, portées sur un gilet de toile fine, parfois de soie brochée. Sur la tête, ils portent le haut de forme.

Les enfants du groupe présentent une séquence sur les jeux de cour et les jeux dansés qui leur est propre. Parfois aussi, ils évoquent les fêtes traditionnelles liées au calendrier, l'Épiphanie ou les Rois, le Carnaval, le Pâqueret, etc... Celles-ci sont souvent propices à des chansons de quêtes.